On dit que tous les chemins mènent à Rome... Et c'est vrai puisque c'est la faute à Jules César si l'année bissextile revient tous les 4
ans!
Le cycle des saisons et des pleines lunes est à la base de tout calendrier... Mais cette façon de calculer n'est pas précise à 100 %. Comme l'année, le temps de révolution de la Terre
autour du Soleil équivaut à 365 jours, 5 heures, 48 minutes et 45,5 secondes. Il y a donc accumulation quelque part...
Les anciens calendriers n'en tenaient pas compte et l'accumulation avait créé un écart par rapport à l'année des saisons. En 46 avant J.-C., Jules César décide d'établir un nouveau
calendrier qui fixe la durée d'une année normale à 365 jours... Et tous les quatre ans, on ajouterait un jour supplémentaire (le bissexte).
Malgré cela, le calendrier n'était pas parfait : tous les 400 ans, il restait 3 jours qui s'accumulaient en trop! En 1582, une nouvelle réforme est établie pour corriger le tir : les années
divisibles par quatre sont bissextiles et pas les autres. Toutes les années qui se terminent par 00 le sont, seulement si elles peuvent être divisées par 400.
C'est un témoignage émouvant que Doriane, élève de CM2, nous a fait partager au pied du monument aux morts en ce jour du 11
novembre 2007. Avec un ciel si gris et si bas que les mots prononcés prenaient toute leur valeur et attiraient quelques larmes au coin des yeux. C’est avec une émotion partagée
que les plus anciens et les plus jeunes ont l’espace d’un moment voyagé dans l’Histoire. Mais laissons la parole à Doriane…
UNE PETITE FLAMME TOUJOURS ALLUMEE
Année 1942.
Je m’appelle Franck GARDES ; j’ai 22 ans. J’ai ma petite fille de 2 ans, Colette, et ma femme Alice. Je suis trésorier de la Maison Delmas. Nous sommes une famille heureuse dans cette belle
ville de La Rochelle. Mais l’occupant est là, et nous avons décidé avec mes 2 beaux-frères Louis Graveau et Pierre Audevie dit Louis, d’intégrer un réseau de résistance : le réseau
Alliance dont fait aussi partie notre maire, Léonce Vieljeux.
J’ai alors demandé à changer de travail ; je suis maintenant grutier sur la base sous-marine de La Pallice, ce qui me permet d’informer nos alliés sur le
mouvement des sous-marins et de les couler.En ce matin du 7 janvier 1944, les allemands vont m’arrêter sur une dénonciation, ainsi que de 10 de mes camarades. J’ai peur pour ma famille et pour
mes compagnons d’infortune. Interné à Lafond, je suis ensuite envoyé à Poitiers, puis le 10 mars 1944 au camp de Schirmeck en Alsace.
J’ai froid, j’ai faim, je suis terrorisé par ce que j’entends et ce que je vois, je souffre sous les tortures quotidiennes. Je prie, je pense à Alice, Colette et notre
enfant à naître : les reverrais-je ? Je veux être fort face à toute cette injustice.Je suis un prisonnier classé « Nuit et Brouillard », formule triste qui
traduit la volonté des allemands de condamner les opposants au régime nazi, de supprimer toute trace de notre existence, de nos souffrances, de nos pensées, de notre mort ; comme des
silhouettes englouties dans la nuit et le brouillard.
2 septembre 1944,
Je ne peux aujourd’hui vous raconter mon histoire personnelle, car j’ai été exécuté avec mes amis de combat le 2 septembre 1944, au camp du Struthof, seul camp d’extermination situé en France, en
Alsace.C’est mon arrière petite fille Doriane qui vous parle de l’histoire de notre famille ; de la flamme de nos combats, de nos souffrances pour sauver d’autres personnes, sauver une
appartenance à une patrie, à des idées qui a été transmise de génération en génération. C’est aussi votre histoire à tous.
Cette chaîne du souvenir est le plus bel hommage que l’on puisse nous faire, car nos bourreaux n’auront pas réussi à faire de nous ces silhouettes dans la nuit et le brouillard.Il faut que cette
flamme de vie reste toujours allumée pour que mon destin ne soit jamais le votre ni celui de vos descendants.
Nous les enfants, nous voulons que tous ces morts, cette souffrance, soit à jamais un avertissement et un cri d’espoir pour nous tous.Espoir de voir un monde sans guerre,
sans haine, et sans violence. Un monde d’amour, de partage, de tolérance.Un monde qui transmette cette flamme d’espoir, pour ne pas oublier, que demain, doit être un monde meilleur.
Texte
de Frédérique, Doriane et Tiphaine LETELLIER
Avec l'autorisation de Mme Letellier