Parents

Paris, le 3 janvier 2006
Apprendre à lire
A l’école maternelle, l’enfant a commencé à s’approprier le patrimoine de la langue française. En parlant et en découvrant le monde de l’écrit, il s’est chaque jour nourri de mots nouveaux. Par l’attention patiente de sa maîtresse ou de son maître, il a compris que ces mots se composaient de sons. Il a commencé aussi à saisir que, par des lettres que l’on voit et qui se répètent, on peut porter sur le papier la trace d’un son que l’on entend. Il a même commencé à dire le son en voyant le signe.
Guidé avec méthode, il s’est approché de la frontière de la lecture.
C’est sur cette lisière d’un savoir nouveau que l’élève arrive au cours préparatoire où, en quelques mois, il va vraiment apprendre à lire.
Apprendre à lire résulte de la découverte du principe alphabétique de notre langue. Les chercheurs, en France et l’étranger, en sont d’accord : l'apprentissage de la lecture passe par le décodage et l’identification des mots conduisant à leur compréhension.
L'identification des mots n'a rien à voir avec une devinette et son apprentissage se construit progressivement.
Il est nécessaire que l’élève identifie les sons de la langue française ainsi que la relation qui les relie aux lettres et groupes de lettres correspondants. Il comprendra alors que les lettres codent du son et non du sens. Il apprendra à assembler les lettres pour constituer des syllabes prononçables, puis des mots qu’il rapprochera de ceux dont il a déjà l’image auditive dans sa mémoire. La syllabe est un point d'appui essentiel : savoir segmenter la parole en unités, retrouver les syllabes qui constituent un énoncé sont des premiers pas vers la prise de conscience des sons élémentaires de la langue.
Au cours du CP, à l’oral et à l’écrit, un entraînement systématique à la relation entre lettres et sons doit donc être assuré afin de permettre à l'élève de déchiffrer, de relier le mot écrit à son image auditive et à sa signification. Pour cela, la copie et la dictée de syllabes puis de mots seront des exercices nécessaires : la conquête du code doit associer lecture et écriture.
Il est ensuite indispensable d'automatiser le plus vite possible l'identification des mots en amenant l'élève à mémoriser leur forme écrite et à se constituer un lexique orthographique mental. Ce précieux trésor de référence se constituera progressivement, par la rencontre fréquente des mots en lecture et en écriture.
L'automatisation de la reconnaissance des mots nécessite des exercices systématiques de liaison entre les lettres et les sons et ne saurait résulter d’une mise en mémoire de la photographie de la forme des mots qui caractérise les approches globales de la lecture : j'attends donc des maîtres qu'ils écartent résolument ces méthodes qui saturent la mémoire des élèves sans leur donner les moyens d'accéder de façon autonome à la lecture.
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Déchiffrer les mots dans l'ordre constitue un savoir-faire indispensable, mais ne suffit pas : le but de la lecture est d’accéder au sens précis des mots, puis des phrases, puis des textes et non pas seulement au bruit des mots. Il est donc indispensable d'amener l’élève à maîtriser la langue de l'écrit, différente de celle qu'il entend et pratique à l'oral. Il lui faudra comprendre l’importance de l’orthographe des mots (orthographe d’usage, premiers éléments de l’orthographe grammaticale) ainsi que de l’organisation grammaticale de la phrase et des textes qui met en scène le sens.
Il devra passer rapidement d’une lecture mot par mot à la lecture de phrases et de textes. Par la familiarisation avec des livres adaptés à son âge, l’élève étendra sa culture et donnera plein sens à la lecture par laquelle il apprendra à accéder au savoir de manière autonome.
L’apprentissage de la lecture passe donc par des étapes et suppose de la méthode, de la rigueur, mais aussi du temps : ainsi, lire et écrire effectivement deux à trois heures par jour comme le recommandent les programmes, apprendre quotidiennement un ou deux mots nouveaux, seront d’un grand profit.
A la fin du CP, tous les élèves doivent avoir acquis les techniques du déchiffrage et les automatismes qui permettent la lecture autonome et le plaisir de lire. La généralisation de l'évaluation au début du CE1, que je viens de décider à la demande de nombreux maîtres, a pour objectif d'analyser les difficultés techniques qui persisteraient à ce niveau afin de mettre immédiatement en place des programmes personnalisés de réussite éducative : tous leurs bénéficiaires doivent être réellement lecteurs à la fin de l’année de CE1.
Apprendre la lecture à un enfant est l’affaire des maîtres et des maîtresses : je veux leur exprimer ici toute ma confiance. Pour remplir cette mission essentielle, ils ont droit à la meilleure formation. Les inspecteurs, les conseillers pédagogiques, les formateurs des IUFM, sont donc les premiers responsables de la mise en oeuvre de ce texte qui sera complété par des instructions plus détaillées : j’attends qu’ils apportent tout leur soutien aux jeunes enseignants, mais aussi à des enseignants plus expérimentés, pour que ces orientations se traduisent concrètement dans les classes. La formation initiale, comme la formation continue, devront consacrer aux apprentissages premiers de la lecture un temps significatif.
Ainsi, l’école se donnera tous les moyens pour que tous les élèves réussissent ces premiers pas décisifs dans le monde de la lecture. Pour atteindre ce but, les maîtres et les maîtresses méritent les meilleurs outils : je souhaite que les éditeurs de matériel pédagogique à destination des classes, ainsi que les gestionnaires des dispositifs de formation à distance, contribuent à cet effort de recentrage des apprentissages premiers de la lecture.
Les parents doivent faire confiance aux maîtres dans l’exercice de leur mission : il faut cependant qu’ils soient informés du projet pédagogique qui conduira leur enfant à l’apprentissage de la lecture au cours préparatoire. Je recommande que tous soient régulièrement tenus au courant de la progression suivie et conseillés sur la nature du soutien qu’ils pourraient utilement apporter.
J’ai fait de l’égalité des chances la référence constante de mon action et je suis persuadé que l’égalité des chances, c’est d’abord l’égalité des toutes premières chances. J’attends donc que cette instruction soit mise en oeuvre sans délai.
L'enjeu est essentiel pour notre pays.
Je sais pouvoir compter sur l’engagement de chacun. Je remercie les maîtresses et les maîtres de ce qu’ils font et de ce qu’ils feront pour faire acquérir à tous nos élèves ce bagage indispensable qu'est la maîtrise de la lecture, au service de notre patrimoine commun le plus précieux : la langue française.
Gilles de Robien
Ministre de l'éducation Nationale


 La résolution de conflits en six étapes.

Source: Ce document a été préparé pour la Fédération canadienne des services de garde à l'enfance par Harriet Field, du département d'étude de l'enfant et de l'adolescent à l'université Mount Saint Vincent.

1-Aider les enfants à se calmer et à se concentrer
*Faites-les participer au processus, à mesure que vous les réconfortez et les aidez à se concentrer.
*Réconfortez les enfants affolés.
*Attendez jusqu'à ce qu'ils soient suffisamment apaisés avant d'entamer le processus de résolution de conflit.
2-Accorder de l'attention à chaque enfant
*Tous les enfants impliqués, «victimes» et «agresseurs», doivent savoir que votre rôle est de les aider de façon égale.
*Les «victimes» passent cependant en premier.
3-Aider les enfants à comprendre et à exprimer leur problème
*Aidez les enfants à comprendre que le conflit est un problème commun, avec deux parties.
*Assurez-vous que chaque enfant a l'occasion d'expliquer sa perception du problème, y compris les causes et effets. Que s'est-il passé (effets)? Pourquoi (causes)?
*Aidez les enfants à mettre tout le problème en perspective. Ils savent souvent ce qui s'est passé (l'effet, par exemple se faire donner un coup de pied), mais pas pourquoi (la cause, par exemple pour se venger d'une invective plus tôt dans la journée).
4-Laisser les enfants proposer diverses solutions au problème
*Laissez-les proposer diverses suggestions pour résoudre le conflit.
*Tenez compte de leur âge et de leur stade de développement. Les très jeunes enfants n'auront probablement pas la souplesse cognitive et les compétences langagières nécessaires pour résoudre leurs conflits seuls.
*Les parents ou les intervenantes doivent jouer un rôle actif et guider les très jeunes enfants dans le processus de résolution de conflits. Demandez-leur comment ils pensent pouvoir régler le problème. S'ils ne proposent aucune solution, faites-le à leur place et évaluez leur réaction.
*Dans la mesure du possible, encouragez les enfants de plus de trois ans à négocier leurs propres solutions.
5-Permettre aux enfants d'en arriver à leur propre solution
*Encouragez les enfants plus âgés à trouver leur propre solution au conflit. Les parents et les intervenantes peuvent diriger délicatement le processus de négociation, mais la solution elle-même devrait représenter l'aboutissement des efforts des enfants.
*Les adultes doivent souvent prendre une plus grande part à l'atteinte d'une solution en présence de jeunes enfants. Assurez-vous que ces derniers sont satisfaits en fin de compte.
6-Surveiller les solutions adoptées d'un commun accord
*Veillez à ce que les enfants donnent bien suite aux solutions qu'ils ont négociées.
*Si la solution ne fonctionne pas, recommencez le processus de résolution de conflit.


La violence marque l'aboutissement d'une situation conflictuelle extrême. Les parents et intervenantes peuvent éviter la violence dans les disputes d'enfants en ayant recours aux six étapes de résolution des conflits avant l'escalade de la crise.

Rappelez-vous, l'objectif final du processus de résolution des conflits est de permettre aux enfants de trouver leur propre solution. Les enfants qui apprennent à négocier dans le calme et avec compétence acquièrent d'importantes aptitudes de communication qui leur seront nécessaires pour la résolution de problèmes sociaux dans l'avenir.







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Harriet Field
23 avril 2006
 
 
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